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Inondation d'un local professionnel : les 72 premières heures

Sacs de sable empilés devant l'entrée d'un bâtiment en briques pendant une crue

Ce qui se décide dans les trois premiers jours pèse sur la sécurité du personnel, sur l'indemnisation et sur la date de reprise. Un ordre de priorités pour les dirigeants, les responsables de site et les gestionnaires de locaux.

L'essentiel

  • Laissez le courant coupé tant qu'un électricien qualifié n'a pas vérifié l'installation : c'est la première consigne du guide de l'État sur la remise en état des bâtiments inondés.
  • Photographiez tout avant de nettoyer et conservez les biens endommagés : l'expert doit pouvoir constater les dommages.
  • Déclarez sans attendre. Si un arrêté de catastrophe naturelle est publié, le délai court jusqu'à 30 jours après sa publication au Journal officiel ; sinon, c'est le délai du contrat, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés.
  • Les pertes d'exploitation ne sont indemnisées que si le contrat les couvre. En catastrophe naturelle, la franchise légale correspond à trois jours ouvrés d'activité, avec un minimum de 1 140 €.
  • L'assèchement se compte en semaines : planifier une reprise partielle vaut mieux qu'attendre un retour complet.
Sommaire de l'article
  1. Avant toute chose, la sécurité des personnes
  2. Les 72 premières heures, étape par étape
  3. Quelle garantie, quel délai de déclaration ?
  4. Pertes d'exploitation : ce qu'il faut documenter
  5. Préparer la reprise pendant l'assèchement
  6. Les documents à préparer à froid

Une inondation ne laisse pas le temps de chercher la bonne procédure. Les repères ci-dessous suivent l'ordre dans lequel les décisions se présentent sur le terrain. Les horaires indiqués sont des repères d'organisation, pas des délais réglementaires : les seuls délais légaux sont ceux de la déclaration, rappelés plus bas.

Le sujet n'a rien de théorique en Alsace : les agglomérations de Strasbourg et de Mulhouse sont classées territoires à risque important d'inondation, et de nombreuses communes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont couvertes par un plan de prévention du risque inondation. Nos pages locales en donnent le détail commune par commune.

Avant toute chose, la sécurité des personnes

Le guide de remise en état des bâtiments inondés publié par l'État rappelle que les locaux présentent des risques inhabituels : solidité réduite, sols glissants, revêtements décollés, électrocution, gaz, produits polluants. Pour une entreprise, ces consignes valent pour chaque salarié qui revient sur le site.

  • N'entrez pas seul dans les locaux et limitez l'accès aux personnes utiles.
  • Laissez le courant coupé. La remise sous tension se fait après vérification par un électricien qualifié.
  • En cas d'odeur de gaz, n'utilisez pas de téléphone sur place : sortez et appelez depuis l'extérieur.
  • Considérez l'eau et la boue comme souillées : gants, bottes et lavage des mains pour toute personne qui intervient.
  • Méfiez-vous des faux plafonds gorgés d'eau, des rayonnages et des stocks déstabilisés.
  • Ne buvez pas l'eau du robinet tant que le service des eaux ne l'a pas autorisé.

Les 72 premières heures, étape par étape

Repères d'organisation après l'inondation d'un local professionnel
MomentPrioritésQui s'en charge
Premières heuresMettre les personnes en sécurité, couper les énergies, interdire l'accès aux zones à risque, photographier avant toute manipulationDirigeant ou responsable de site
Premier jourÉvacuer l'eau, protéger ce qui peut l'être, prévenir l'assureur, le bailleur et, en copropriété, le syndicEntreprise d'intervention, avec le responsable de site
Deuxième et troisième joursTrier le récupérable, mesurer l'humidité des murs et des sols, lancer l'assèchement, organiser une reprise partielleEntreprise d'intervention, en lien avec l'assureur et l'expert

Les premières heures : figer la situation

Avant de nettoyer, photographiez et filmez : hauteur d'eau sur les murs, état des stocks, des machines et des archives, relevés des compteurs. Notez l'heure de découverte et, si vous la connaissez, l'origine de l'eau : débordement d'un cours d'eau, ruissellement, réseau, remontée par les sols. Ces éléments orientent tout le dossier, car la garantie mobilisée en dépend.

Le premier jour : mesures conservatoires et déclaration

Les mesures conservatoires empêchent l'aggravation : pompage et évacuation de l'eau stagnante, mise hors d'eau provisoire, déplacement ou surélévation des stocks et des équipements, ventilation des locaux. Elles sont attendues par les assureurs. Conservez toutes les factures et les justificatifs.

Prévenez votre assureur dès que possible, puis le bailleur si vous êtes locataire, et le syndic si les locaux sont en copropriété. Ne lancez pas de travaux de remise en état définitifs avant le passage de l'expert ou l'accord de l'assureur : seules les mesures d'urgence peuvent être engagées tout de suite.

Les deuxième et troisième jours : trier, mesurer, assécher

Le tri sépare ce qui peut être nettoyé, ce qui doit être évacué et ce qui doit rester à la disposition de l'expert. Un bien jeté sans photo ni inventaire est difficile à faire indemniser. Les denrées alimentaires immergées sont à écarter, même en conserve.

Les mesures d'humidité prises dans les murs, les cloisons et les chapes servent de référence. Elles fixent l'objectif de l'assèchement et permettent à l'expert de suivre la progression jusqu'à la remise en état.

Quelle garantie, quel délai de déclaration ?

La garantie mobilisée dépend de la cause de l'eau, et pas seulement des dégâts constatés.

Origine de l'eau, garantie mobilisée et délai de déclaration
Origine de l'eauGarantie en général mobiliséeDélai de déclaration
Débordement de cours d'eau, ruissellement, coulée de boue, remontée de nappe, reconnus par arrêtéCatastrophe naturelle (articles L125-1 et suivants du Code des assurances)Dès la connaissance du sinistre, au plus tard 30 jours après la publication de l'arrêté
Les mêmes phénomènes, sans arrêtéSelon le contrat : une garantie inondation n'est pas systématiqueDélai du contrat, au moins cinq jours ouvrés
Fuite, rupture ou débordement d'une installationDégât des eaux du contrat multirisqueDélai du contrat, au moins cinq jours ouvrés
Toiture ou ouvertures endommagées par le vent d'une tempêteGarantie tempête, incluse dans les contrats dommages (article L122-7)Délai du contrat, au moins cinq jours ouvrés

N'attendez pas l'arrêté pour prévenir l'assureur : la déclaration peut être faite dès la découverte du sinistre, puis complétée. Les délais de reconnaissance varient. À Haguenau, les inondations du 16 au 21 mai 2024 ont été reconnues par un arrêté publié au Journal officiel le 14 juin 2024 ; celles du 9 juillet 2024, par un arrêté publié le 20 décembre 2024 (données Géorisques).

La commune dispose de 24 mois après l'événement pour demander la reconnaissance, et l'arrêté doit être publié dans les deux mois qui suivent le dépôt des demandes en préfecture (article L125-1). Notre article sur les délais du régime catastrophe naturelle détaille la suite.

Pertes d'exploitation : ce qu'il faut documenter

La perte d'exploitation n'est indemnisée que si le contrat de l'entreprise la couvre. Dans ce cas, la garantie catastrophe naturelle s'étend aux pertes d'exploitation, dans les conditions du contrat (article L125-1). La franchise légale correspond à une interruption ou une réduction d'activité de trois jours ouvrés, avec un minimum de 1 140 €.

Pour les dommages aux biens professionnels, la franchise catastrophe naturelle est de 10 % du montant des dommages matériels directs, avec un minimum de 1 140 €, et elle est plafonnée à 10 000 € pour un établissement de 300 m² au plus. Si le contrat prévoit une franchise plus élevée, c'est elle qui s'applique.

Dès les premiers jours, rassemblez ce qui permettra de chiffrer la perte :

  • le chiffre d'affaires des périodes comparables et les commandes annulées ou reportées ;
  • les heures de travail perdues et les mesures prises pour le personnel ;
  • les frais engagés pour continuer à travailler : location de matériel, locaux provisoires, sous-traitance ;
  • les dates de fermeture totale ou partielle, zone par zone.

Préparer la reprise pendant l'assèchement

Le séchage est la priorité dès que l'eau s'est retirée. Le guide de l'État indique qu'il faut compter plusieurs semaines à plusieurs mois selon les cas, davantage dans les bâtiments anciens aux murs épais, et qu'il faut différer peintures et revêtements tant que les matériaux restent humides.

Un assèchement bien organisé permet souvent une reprise partielle : zones sèches remises en service, matériel de séchage regroupé, circulations protégées. Nous plaçons les machines en fonction de vos horaires et nous partageons les relevés d'humidité avec l'expert pour décider, mesures à l'appui, quand la remise en état peut commencer.

Les documents à préparer à froid

  • Les coordonnées de l'assureur, le numéro de contrat et la liste des garanties souscrites, dont les pertes d'exploitation.
  • Les coordonnées du bailleur ou du syndic et de l'électricien de maintenance.
  • Un plan des locaux avec l'emplacement des coupures d'eau, d'électricité et de gaz.
  • Un inventaire à jour des stocks et des équipements, avec factures ou valeurs.
  • Une sauvegarde des données hors des locaux.

Ces documents se préparent en temps normal. Le jour de l'inondation, ils font gagner du temps à chaque étape, de la mise en sécurité à l'expertise.

Sources

  1. État, « Inondations : guide de remise en état des bâtiments »
  2. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Assurer son entreprise contre les risques naturels et technologiques »
  3. France Assureurs, « Catastrophe naturelle : l'indemnisation des entreprises et des commerces sinistrés »
  4. Code des assurances, article L125-1 (garantie catastrophe naturelle), Légifrance
  5. Code des assurances, article L125-2 (déclaration et délais), Légifrance
  6. Code des assurances, article L113-2 (délai de déclaration), Légifrance
  7. Code des assurances, article L122-7 (garantie tempête), Légifrance
  8. Géorisques, « Les risques près de ma commune » : Haguenau (arrêtés de catastrophe naturelle)

Textes consultés le 6 octobre 2026. Ces repères ne remplacent ni la lecture de votre contrat ni l'avis de votre assureur.

Nous sommes l'activité après sinistre de GCA, entreprise de recherche de fuite, d'étanchéité et de toiture basée à Brumath, dans le Bas-Rhin. Nous intervenons pour les syndics, bailleurs, assureurs, experts et entreprises du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et du Grand Est. Qui sommes-nous

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