Une auréole au plafond d'un appartement peut venir de la salle de bains de l'étage, d'une canalisation encastrée dix mètres plus loin ou d'une toiture-terrasse mal drainée. Ouvrir au hasard coûte cher, multiplie les locaux touchés et ne garantit rien. Notre méthode consiste à faire converger plusieurs indices avant la moindre intervention destructive.
Quatre techniques, quatre usages
| Technique | Ce qu'elle montre | Ses limites |
|---|---|---|
| Caméra thermique | Les écarts de température : une zone humide paraît plus froide, une fuite d'eau chaude dessine une trace tiède | Oriente la recherche, ne suffit pas à conclure |
| Gaz traceur | Le point de fuite d'un réseau sous pression, même sous une chape ou un carrelage | Suppose un réseau isolable et mis en pression |
| Machine à fumée | Les défauts d'une étanchéité ou d'un réseau d'évacuation, par où la fumée ressort | Adaptée aux toitures-terrasses et aux évacuations |
| Humidimètre | L'étendue de la zone humide et son évolution | Mesure l'effet, pas la cause |
Le gaz traceur est un mélange d'azote et d'une faible part d'hydrogène, non toxique. Injecté dans le réseau suspecté, il s'échappe à l'endroit de la fuite, traverse les matériaux et se détecte en surface. Sur une toiture-terrasse, la machine à fumée met le complexe d'étanchéité en légère pression : la fumée ressort par le défaut. L'humidimètre, lui, cartographie la zone touchée et sert ensuite de référence pour l'assèchement.
Pourquoi croiser les indices
Une seule mesure peut tromper : un pont thermique ressemble à une zone humide, une condensation ressemble à une fuite. Quand deux ou trois techniques désignent le même point, la localisation devient solide. Nous marquons alors l'origine et la casse se limite à l'ouverture nécessaire pour réparer.
C'est aussi ce qu'attendent les assureurs. La convention IRSI inclut dans la recherche de fuite la remise en état des dégâts causés par les investigations : une recherche qui ouvre peu coûte moins à tout le monde. Notre article sur la convention IRSI en copropriété précise qui l'organise et qui la paie.
Ce que contient notre rapport
- l'origine localisée et le local où elle se trouve, privatif ou commun ;
- la nature de la cause : canalisation, joint, appareil, étanchéité, évacuation ;
- les techniques employées et les photos des points de mesure ;
- les relevés d'humidité des zones touchées, qui serviront à suivre l'assèchement.
Le rapport est remis au donneur d'ordre, syndic, gestionnaire, assureur ou entreprise. Il permet à l'assureur gestionnaire d'inviter la bonne partie à faire réparer la cause, puis d'enchaîner l'assèchement et la remise en état.